Notes – Conférence IHEDN avec le Député François André sur la LPM 2014-2019

Notes personnelles et non exhaustives de la conférence du 9 décembre 2013, à l’Espace Ouest-France de Rennes, organisée par l’Association régionale IHDEN de Haute-Bretagne avec François André, Député de la 3ième circonscription d’Ille-et-Vilaine à propos de la Loi de programmation militaire 2014-2019.

Cette conférence s’est déroulée en présence de:
_L’Officier Général de la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, le général de division Vincent Lafontaine
_L’Officier Général de Gendarmerie pour la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, le Général de division Hervé Renaud
_Maître Michel Poignard, Président de l’Association régionale IHEDN de Haute-Bretagne
_La Préfète déléguée à la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, Françoise Souliman.

François André, né en 1967, est le député de la 3ème circonscription d’Ille-et-Vilaine et membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale ainsi que vice-président du Conseil général 35.

Après une brève présentation des activités de l’Association de Haute-Bretagne qui accueillera notamment à l’automne prochain, la 197ème session régionale de l’IHEDN, Me Poignard a ouvert la conférence en rappelant les débats  qui pèsent sur  la Loi de programmation militaire 2014-2019. Dans un équilibre délicat, entre autonomie stratégique et autonomie budgétaire, quelle est la déclinaison retenue pour protéger, dissuader, intervenir et adapter notre appareil de défense à des exigences nouvelles ? Telle est la question posée à  François André.

En prélude, le député a rappelé, le soutien massif et sincère des français aux Forces armées, même s’il a constaté que ce lien armée-nation s’est distendu au fil du temps avec la fin de la conscription et le recul de la présence territoriale des armées avec la réforme de la carte militaire.

Il a ensuite mentionné que même si la France se place aujourd’hui dans un contexte général de paix durable, il existe toujours des menaces, certes moins perceptibles, auxquelles la LPM doit répondre.

I – La LPM, un numéro d’équilibriste

Comme l’a rappelé le député breton, l’importance à accorder au caractère vertueux de la loi a cristallisé les travaux préparatoires de la LPM. Les positions ont été divergentes selon les points de vue et les intérêts.

Ainsi, Bercy, avec le "mythique" scénario Z, proposait un format des armées qui se résumait, selon les mots de la présidente de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Patricia Adam, à une contraction des armées pour ne conserver que la Gendarmerie nationale dans sa composante militaire, les forces spéciales et les éléments de la dissuasion nucléaire. Pour les acteurs de la base industrielle et technologique de la Défense (BITDE), il s’agit d’éviter les pertes de compétences des bureaux de R&D, même si les carnets de commande sont, pour le moment, en hausse. De son côté, l’Etat-major des armées souhaite une révision des contrats opérationnels. Quant aux militaires, il faut prioritairement régler le problème Louvois, fluidifier le soutien et améliorer les conditions de vie. Reste alors pour les politiques à arbitrer et fixer les priorités entre les différents intérêts au vu du contexte stratégique.

II – Une LPM dans un contexte international instable

Ces dernières décennies ont été le théâtre d’un réarmement massif à l’exception du continent européen avec une résurgence des tensions entre les puissances ( Ex : Chine- japon, Pakistan-Inde, Russie-Ukraine….) et une course à la sécurisation des approvisionnements énergétiques.

Il faut ajouter à ces éléments déstabilisateurs, la menace de la prolifération des armes nucléaires et chimiques (Ex: Syrie et Iran) et la résurgence du terrorisme dans le Sud – Sahel (trafics, groupes rebelles, prises d’otages….) qui contribue à affaiblir des Etats souverains en situation de quasi-faillite.

III – La LPM, une réponse adéquate

Avec la Loi de programmation militaire 2014-2019, l’effort de la défense est maintenu en terme d’économies. Le budget de la Défense reste, néanmoins le troisième budget de l’Etat, la LPM prévoyant un budget quinquennal à hauteur de 190 milliards d’euros sur la période 2014-2019 avec un budget de 31.4 milliards pour les exercices 2014, 2015 et 2016.

L’Hôtel de Brienne pourra aussi compter sur 6,1 milliards d’euros de ressources exceptionnelles. François André reconnaît que, pour les anciennes REX, les estimations avaient été sous-évaluées.

Enfin, le député a décliné les grands apports de la LPM :

  • Une clause de sauvegarde. Pour les crédits relatifs aux surcoûts liés aux opérations extérieures (Programme 178 – Action N°6 de la mission Défense), en cas de dépassement des 450 millions d’euros budgétisés, il sera fait appel aux fonds interministériels.
  • Une clause de revoyure, fin 2015.
  • Une réévaluation des objectifs de la préparation opérationnelle (budget en hausse de 4%): jours d’entraînement (Armée de Terre) de 83 à 90; heures de vol/an (Armée de l’air): de 260 à 400; jours d’entraînement des pilotes d’hélicoptères de l’ALAT: de 172 à 180.
  • Un renforcement des forces spéciales avec 1000 hommes supplémentaires
  • Une réduction des lacunes capacitaires avec l’acquisition de 12 drones américains, d’A400M, et d’avions ravitailleurs et le développement des capacités en terme de cyber-défense et de renseignement
  • Le maintien de la BITDE (730 millions€ /an pour les études en amont) pour les matières relatives à la composante nucléaire, aux missiles air-sol, aux drônes et pour la poursuite des programmes Scorpion, Barracuda, FREMM et NH90
  • Aucun changement pour la mission Défense pour les missions sur le territoire national et pour la dissuasion nucléaire.
  • Une économie de 4,4 milliards d’euros réalisée sur les frais de personnel (35000 postes supprimés dont 9 000 du monde combattant et 14 500 provenant du soutien et de l’Administration) et un repyramidage des effectifs afin de revenir au taux d’encadrement de 2010 avec une meilleure gestion de la masse salariale avec le glissement vieillesse-technicité.

Enfin, lors des échanges avec l’assistance, le député a rappelé la tenue du sommet européen sur la Défense, fin décembre, et a confirmé que « ce n’est pas les militaires qui freinaient l’Europe de la Défense et que le problème était bel et bien politique ».

 

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Mouvements de crédits budgétaires au Ministère de la Défense

Aujourd’hui, vendredi 22 novembre, a été publiée au JO, une série de décrets portant transfert de crédits conformément à l’article 12 – II de la Loi organique aux lois de finances ( LOLF) de 2001 qui fixe les règles du buget de l’Etat. Trois de ses décrets (sur les cinq) signés par le Ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, concernent le périmètre du Ministère de la Défense.

En effet,  des transferts peuvent modifier la répartition initiale des crédits entre programmes de ministères distincts, dans la mesure où l’emploi des crédits ainsi transférés, pour un objet déterminé, correspond à des actions du programme d’origine.

 

Ainsi, 83 058€ d’autorisations et de crédits de paiement, initialement affectés au programme 178 "Préparation et emploi des forces" sont transférés au profit du programme 175 " Patrimoines"  du Ministère de la Culture. (1)

Ce mouvement est destiné au financement de la participation du ministère de la défense au groupement de commandes pour la location et les achats de matériels destinés aux cérémonies publiques de la fête nationale du 14 Juillet coordonné par le ministère de la culture et de la communication.

 

Le deuxième décret transfert d’un crédit de 800 000 € en autorisations d’engagement et crédits de paiement en provenance de cinq programmes à destination du programme 167 « Liens entre la nation et son armée » de la mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation ». (2)
Ce mouvement est destiné à financer la participation de la France à l’appel à contribution internationale formé par la Fondation Auschwitz-Birkenau. Celle-ci a institué un fonds perpétuel pour le financement des dépenses destinées à la préservation du site. La participation de la France a été arrêtée à 5 000 000 €, par le biais de cinq versements annuels de 1 000 000 €. Le financement se répartit à parts égales (200 000 €) entre les ministères de l’intérieur, de la défense, des affaires étrangères, de l’éducation nationale et de la culture et de la communication

 

Le dernier décret  de transfert est justifié par la nécessité de corriger plusieurs erreurs d’imputation réalisées dans le cadre d’amendements votés au cours de la discussion parlementaire de la loi de finances pour 2013 ( 6 000€  à destination du programme 169 « Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant » de la mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation ») (3)

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Notes – Conférence dans le cadre des Jeudis de la Défense avec le Général de corps d’armée Olivier de Bavinchove sur l’Afghanistan

Notes personnelles et non exhaustives de la conférence du 10 octobre 2013, à l’IUFM de Rennes sur  "La crise afghane dans son environnement géostratégique : quels enseignements pour nos futurs engagements ?"

Olivier de Bavinchove

  Olivier de Bavinchove, ancien chef d’état-major, numéro 3, de l’International Security Assistance Force (ISAF) et commandant des forces françaises en Afghanistan. Il a commandé jusqu’à 150 000 hommes sous le Général Allen.

 Sous son commandement, plus de 546 soldats ont perdu la vie, sans parler de ceux ayant développé des états de stress post-traumatique.

  Il a révélé la fréquence des opérations des forces  spéciales françaises à raison de plus de 700 par semaines …

  L’Afghanistan est un pays de haute altitude, Kaboul, la capitale, se situe à 1800m d’altitude ( à l’instar de Chamonix). Les espaces sont modelés et cloisonnés par les vallées. A défaut de pouvoir franchir aisément les cols, la traversé du pays  d’est en ouest nécessite 30 jours pour les Afghans, 1h30 seulement pour les forces de l’ISAF en avion. Leur rapport au temps n’était pas le même. Le pays reste encore le premier producteur d’opium à hauteur de 95%.

Au Sud, dans le Helmand, du côté de Kandahar, la région est caractérisée par un paysage désertique.

 Appliquer la grille de lecture occidentale au modèle tribal afghan serait réducteur. La représentation pyramidale des démocraties occidentales n’est pas adapté à la société afghane.

 L’Afghanistan , a été en guerre  depuis la fin des années 1970 avec l’invasion soviétique.

Le conflit afghan a duré plus longtemps que la guerre du Vietnam.

Au cours de l’insurrection, 2 adversaires se sont révélés:

_Al-Qaeda ( le 11/09, Ben Laden….). Ils ont été soutenus et admis par les Talibans. Leur présence en Afghanistan est la raison principale de l’engagement de la communauté internationale.

  Fin 2011, les forces armées ont fait face à une remontée en puissance de plusieurs centaines de terroristes dans les zones tribales de la frontière afghanisto-pakistanaise., imposant un climat de terreur. Face à cette "menace à traiter", des moyens considérables ont été déployés. Et à l’été 2012, il a été possible de considérer la menace Al-Quaeda comme neutralisé en Afghanistan.

 Reviendront-ils ? Oui, si aucune mesure de sécurité n’est prise. L’engagement est un succès mais l’hydre à plusieurs tête.  C’est pourquoi les armées doivent avoir la capacité de  prévenir et de porter des coups.

  De plus, l’actualité géostratégique a servi, en plus de la pression militaire ("surge" ou" contre-insurrection") à neutraliser cette menace. En effet, de nombreux combattants ont migrer vers des zones conflictuelles du pourtour méditerranéen. ( Lybie- Syrie)

_ Les Talibans ( à différencier d’AL-Quaeda)

  Il existe deux types de combattants talibans: les combattants locaux, peu organisés, mal équipés qui combattent à proximité de leur habitation ( 5-10 km). Ils combattent une présence étrangère ou souveraine qui menace leurs intérêts ( trafic de drogues, armes, luttes tribales…). "L’ordre dérange le désordre". Cette menace n’a pas été véritablement combattu car c’est à l’Etat afghan de traiter cette résistance. Le deuxième type de combattant taliban est plus radicale, plus redoutable et plus insidieuse par l’Etat. Ils sont mieux entrainés et plus preuve de davantage de cohésion avec des modes d’action sophistiqués. Ils se réfugiaient dans la zone transfrontalière avec le Pakistan.

Cette menace a été traitée en profondeur.

 Il n’y a aucune raison que les Talibans reviennent fragiliser le pays car dorénavant il dispose de forces de sécurité de plus de 400 000 hommes recrutés, équipés et entrainés. Ils sont, en partie, financer par les USA à hauteur de 12 milliards par an rien que pour la sécurité. ( 352 000 de l’ANA et de la Police; 30 000 de la police locale chargée de sécuriser les villages et 22 000 de milices para militaires.).

Des OMLT françaises sont toujours présentes en Afghanistan.

 La deuxième raison tient à son développement certes limités mais en augmentation tout de même avec comme facteur important l’éducation des jeunes générations. Avant l’intervention, 50 000 garçons étaient scolarisés dans des écoles. Aujourd’hui, on compte 9 millions d’élèves dont 3.7millions de filles. On assiste à une révolution dans l’accès aux connaissances.

 Concernant la communication: 20 millions de mobiles dont 20% d’entre eux appartiennent à des femmes. En 20 ans, il y a eu une importante évolution dans la mentalité masculine.  La 3G est arrivée à l’été 2012 dans les plus grandes villes.

Conférence O. de Bavinchove

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Note – Table-ronde IRSEM: "après le Livre blanc, le Mali et la RCA, quelle présence militaire française en Afrique?"

Notes personnelles et non exhaustives de la table-ronde organisée par l’IRSEM, le 27 mai 2013 à l’Espace Ouest-France à Rennes. En partenariat et sous l’animation de Philippe Chappleau ( Lignes de Défense), trois interventants ont nouris le débat:

- un officier supérieur français: le général de division de Langlois. Le général de division (2S) Maurice de Langlois est directeur du domaine "Sécurité européenne et transatlantique" de l’IRSEM,

- une chercheuse de l’Irsem: Sonia Le Gouriellec. Spécialiste de l’Afrique de l’Est, elle anime le blog Good Morning Afrika.

- et un chercheur béninois: Oswald Padonou. Oswald Padonou est co-auteur du livre Le Bénin et les Opérations de Paix: pour une capitalisation des expériences, L’Harmattan, Paris, 2011. Il est également l’auteur de "La Force Africaine en Attente (FAA) à l’épreuve des crises et conflits : les défis d’un outil à renforcer". Tabe-ronde IRSEM Ouverture par Philippe Chapeleau

  • Mention de l’Afrique dans le LBDSN 2013 (page 82). Il offre une adaptation ambitieuse du dispositif.
  • Nouvelle donne avec le Mali et la RCA.

Le dispositif française en Afrique (Général de Langlois)

  • La vision du dispositif a évolué avec le LBDSN 2008-2013 et la LPM 2014-2019 en voulant réduire l’importance du dispositif tout en conservant ses atouts.
  • En effet, l’Afrique est l’avenir de l’Europe malgré le faible nombre de mention dans le LBDSN 2013. Quelques chiffres: en 2050 + 1 milliards d’habitants, 4 milliards d’investissement depuis l’Europe, 17% des exportations, un réseau diplomatique important.
  • L’opération Serval:  lancement de l’opération le 11/01 à 18h30. Au 4 février, 4000 hommes étaient déployés depuis le Tchad, le Sénégal et la Cote d’Ivoire.  200h proviennent du dispositif Epervier. 120h proviennent du dispositif Guépard en France. Le 14 janvier, les forces françaises en Cote d’Ivoire apportent 200h. Le 21 janvier, le BPC Dixmude quittant l Toulon avec un GIA de 1000h allant de Dakar à Bamako par voie terrestre.
  • 5/02/2013:  4000h au Mali.
  • Les raisons de la réussite d’un déploiement aussi rapide: les forces étaient pré-positionnées en Afrique, les hommes sont déjà acclimatés. Certaines proviennent d’Afghanistan, ils sont donc aguerris. Les voies terrestres ont été privilégiées afin de ne pas engorger l’aéroport de Bamako
  • Les OPEX représentent 5400h dont 3000 en Afrique. Suite au LBDSN de 2008, il y a des forces pré positionnées au Gabon, à Dakar, à Libreville et aux EAU.
  • Rôle de la PMFA.  1-coopération notamment dans le renseignement dans la lignée du LBDSN 2008 avec la priorité connaissances &anticipation. 2- protection des ressortissants. 3-appui  des forces françaises.
  • Les priorités de cette PMFA: protection des intérêts, formation, coopération européenne.
  • Les réductions du LBDSN: -28%
  • Les apports du LBDSN 2013: assez imprécis, rappel des accords de Défense (16), accords de coopération (8), du réseau diplomatique (29 attachés, 22 non permanents), l’importance de la formation (500000h/an)

Quelles sont les puissances régulatrices de sécurité en Afrique? (Sonia Le Gouriellec)

  • Puissance régulatrice: puissance imposant les règles et jouant l’arbitrage.
  • La France ? L’UA? L’UE?
  • Les anciennes puissances coloniales. Le Portugal, l’Italie, l’Allemagne sont absents du théâtre africain. Le Royaume-Uni reste présent en Afrique du Sud, au Kenya, en Sierra Leone avec des formations, de la coopération mais la tendance est a la réduction.
  • Les USA ont ouvert une base militaire à Djibouti. Ils ont créé l’AFRICOM en 2008 qui est basé à Stuttgart. Les actions se concentrent dans la Corne de l’Afrique avec des drones, l’usage des forces spéciales dans le cadre de la Global war on terror. Dans les autres régions africaines, ils réalisent des opérations de formation. Elle n’est pas encore vraiment une puissance régulatrice. Critique de la politique d’Obama.
  • L’UE a surtout un rôle de contributeur. Il existe malheureusement une inflation stratégique pour l’Afrique (PESC, SA, les ambassades européennes…)
  • Au sein des 27, 2 doctrines s’affrontent: celle de la stabilité et celle de la sécurité humaine avec une instabilité transitoire pour réaliser une transition démocratique pour lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité.
  •  Les membres se divisent 4 groupes autour de ces théories:  les anciennes puissances coloniales favorable à la sécurité humaine; les Etats nordiques favorables au développement t à la sécurité humaine; l’Allemagne jouant le rôle d’arbitre-contributeur et les nouveaux Etats membres n’ayant que peu d’intérêt pour la question.
  • L’UE s’oriente vers une désengagement constructif laissant une  liberté d’actions aux Etats tout en conservant ses missions de formations.
  • Les nouveaux acteurs. La Chine mise sur sa politique de non ingérence avec la formation (ex: la police d’Afrique du Sud), des financements, des exportations d’armement, l’hypothèse de l’utilisation de groupes de sécurité privées. Il existe 9 OMP auxquelles la Chine participe, 6 d’entre elles sont en Afrique. 1823 casques bleux chinois, 82% sont sur le continent africain (1400).

La forme de la PMF en Afrique de l’Ouest (Oswald Padonou)

  • Des exemples: un Ecole de maintien de la Paix à Bamako, un réseau d’attachés de défense, coopération militaire dans les forces armées africaines. Ex: 10h au Togo. Pendant longtemps, il y avait des transferts d’équipements.
  • Les intérêts: maintien de son influence, sécurisation de la matière première et l’accès aux marchés africains, déploiement rapide en Afrique.
  • Les évolutions attendues avec le Mali et le LBDSN2013: la menace reste toujours présente, AREVA serait protégée le COS, renforcement de la coopération.
  • L’Image de la PMFA. L’intervention en Cote d’Ivoire et la Libye avait atteint le K popularité de l’armée françaises, mais l’intervention au Mali l’a fait grimpé.
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Journée d’études de l’AEDP de Rennes 1 : « Les juges du contrat administratif » – Mardi 2 avril

Journée d'études de l'AEDP de Rennes 1 - Mardi 2 avril 2013Les juges du contrat admisnistratif 2

Intervenants:

Madame Rozen NOGUELLOU, Professeur de droit public à l’Université Paris Est-Créteil

Monsieur Thomas PEZ, Professeur de droit public à l’Université Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines

Madame Elise LANGELIER, Maître de conférences de droit public à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Monsieur Gweltaz EVEILLARD, Professeur de droit public à l’Université de Rennes 1

Monsieur Olivier DESAULNAY, Professeur de droit public à l’Université de Rennes 1

Monsieur Laurent MARECHAL, Premier conseiller en charge des fonctions du juge des référés au tribunal administratif de Rennes

Dès 10h, suivez la journée d’études sur Twitter

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Très chère administration – Colloque à Sciences-po Rennes – Jeudi 14 mars

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Colloque étudiant Très Chère Administration

Livetweet dès 10h sur Twitter @Charliebusson

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Les budgets de défense en France, entre déni et déclin

Depuis la rentrée, la Commission du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale (LBDSN) prépare un nouveau concept stratégique qui sera le fondement de la Loi de programmation Militaire 2013-2018 (LPM).
Afin de bien appréhender, pour les néohpytes tel que moi, les finances publiques françaises de la Défense, je vous conseille la lecture du Focus stratégique de l’Ifri (N°36) rédigé par Martial Foucault: "Budget de la défense en France: Entre déni et déclin."

L’auteur replace tout d’abord l’évolution de l’enveloppe dévolue à la mission "Défense" dans le contexte international des trente dernières années.
Il rappelle brièvement l’importance des crédits militaires accordés pendant la Guerre Froide. A partir des années 1990, les Etats dont la France, vont récolter les " dividendes de la Paix", c’est-à-dire qu’ils vont réaliser des économies sur les crédits militaires vu la faible probabilité d’un conflit généralisé tel celui que faisait planer la confrontation Est/Ouest (ayant pris fin avec la Chute du Mur de Berlin). Mais l’année 2002 va constituer un tournant dans la politique de Défense des Etats. Prenant conscience des menaces qui pèsent sur leurs intérêts après notamment les attentats du 11 septembre, le gouvernement français va augmenter l’enveloppe budgétaire des Armées afin de soutenir notamment son opération extérieure principale: l’ Afghanistan.
L’auteur se penche ensuite sur la corrélation entre les budgets de la Défense et l’évolution économique du pays. S’il n’est pas avéré qu’une hausse des investissements en matière de Défense a des effets multiplicateurs sur la croissance, à l’inverse une hausse du PIB permet aux pouvoirs publics de doter les Armées de crédits supplémentaires tout en continuant à privilégier les dépenses d’ordre social. En effet, Martial Foucault, mettra en évidence, quelques lignes plus loin, le choix des gouvernants entre favoriser les budgets de la mission "Défense" et ceux relatifs à l’Etat providence. Il reprendra le concept "WARFARE vs. WELFARE" où il ressort que les exécutifs nationaux, même en période de croissance et malgré un consensus sur la politique de Défense, tendent à favoriser davantage les dépenses sociales que celle des Armées (par effet d’éviction).
Le chercheur de l’Ifri pose ensuite le problème de la "Loi d’Augustine" , du nom d’un ancien directeur de Lockheed Martin. Ce dernier avait posé comme postulat l’explosion des coûts d’acquisition des équipements de Défense. Les études réalisées montrent qu’à évolution constante, le coût d’un avion de chasse équivaudrait à lui seul, au budget des armées françaises en 2050. L’Etat doit donc faire le choix entre des équipements ultra-modernes peu nombreux ou bien des équipements moins dotés en technologies mais plus nombreux. On peut citer en exemple, la réduction du nombre de commande par l’Etat des Frégates multi-missions (FREMM) de 17 à 11 unités.

Dans une seconde partie, l’auteur étudie les lois de programmation militaire et leur application peu rigoureuse malgré l’instauration d’un cadre posé par la Loi Organique relative aux Lois de Finances ( LOLF) de 2001.

Enfin, l’auteur réalise une étude comparée des budgets militaires de la France avec ceux des autres nations européennes atlantistes qui ont tous tendance à décliner.

Il s’agit d’une étude assez courte (60 pages), bien écrite et bien documentée qui permet de saisir les évolutions du format des armées via celles du budget de la Défense.

Bonne lecture.

Résumé sur le site de l’Ifri:

"Le budget de la défense, quatrième poste de dépenses de la République, est rarement soumis à un débat public. Ces trente dernières années, cette question a été marquée tour à tour par le désir de toucher les « dividendes de la paix » au lendemain de la guerre froide, la professionnalisation de 1997 et le durcissement des opérations extérieures après le 11 septembre 2001. Ces fluctuations se sont inscrites dans un contexte économique et social contraint dans lequel les dépenses militaires ont joué le rôle de variable d’ajustement – et ce, quelles qu’aient été les majorités au pouvoir. Alors que le nouveau cadre budgétaire mis en place par la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) devait permettre une meilleure gestion des dépenses, le Livre blanc de 2008 affichait des objectifs qui sont vite apparus comme irréalistes, compte tenu de la rapide détérioration des finances publiques. Dans un contexte international marqué depuis une décennie par l’augmentation des dépenses militaires, il convient de s’interroger sur les arbitrages budgétaires qui décideront demain de l’avenir de la défense de la France."

Martial Foucault, "Les budgets de défense en France, entre déni et déclin ", Focus stratégique, n°36, avril 2012.

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