12-13 juin 2014 : Colloque « Europe(s) et sécurité collective » à Rennes (CREC, IRSEM et IODE)

Dans le cadre des travaux de la Chaire Jean Monnet  » Défense et sécurité européennes « , le pôle Défense et sécurité européennes du centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, en partenariat avec le Centre d’Excellence Jean Monnet de Rennes, l’IRSEM et le laboratoire CEDRE (IODE) de l’université Rennes I, organise les 12 et 13 juin 2014 au Musée des Transmissions à Cesson-Sévigné un colloque sur le thème  » Europe (s) et sécurité collective « .

Colloque-Europe-s-et-securite-collective

 EUROPE(S) ET SÉCURITÉ COLLECTIVE

« La sécurité collective en Europe a connu des évolutions sensibles depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Jusqu’en 1914, la sécurité consistait à dissuader les États de faire la guerre ou à limiter les conflits en assurant un équilibre des puissances européennes. Cette approche « réaliste », d’inspiration volontiers britannique, définissait une sécurité dirigée contre un adversaire désireux d’instaurer une hégémonie sur le continent. Depuis la création de la Société des nations et les traités de 1919-1920, en réaction aux ravages causés par la Grande Guerre, puis avec la création de l’ONU à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la notion de sécurité collective, dans une approche dite « idéaliste », renvoie à un système fondé sur des traités ou des accords multilatéraux liant des États entre eux. La sécurité collective repose depuis lors sur une pratique institutionnalisée de l’établissement et du maintien de la paix, et elle fonde un système de mise en commun de responsabilités et d’engagements mutuels destiné à la fois à éloigner un péril extérieur et à conserver la paix au sein des pays concernés.

 Nous proposons dans le cadre de ce colloque pluridisciplinaire « Europe (s) et sécurité collective » d’appréhender la question de la sécurité collective dans une dimension régionale, qui est sa dimension privilégiée depuis que la SDN et l’ONU ont montré leurs limites dans le maintien de la paix. La première session, consacrée à l’évolution du concept de sécurité collective au cours du XXe siècle, retient une approche chronologique, partant de la disparition du système traditionnel du « concert européen » et développant ensuite les phases successives de la notion et de ses traductions pratiques : une sécurité collective incluant l’adversaire potentiel (SDN, accords de Locarno, ONU) ou l’excluant (OTAN). Il conviendra dans un deuxième temps d’aborder la question de la sécurité collective dans une approche globale en tenant compte des niveaux de responsabilité, des interactions entre les différentes organisations compétentes de la sécurité collective en Europe (UE, OTAN, OSCE, ONU,…), et de la légitimité d’actions militaires menées dans le voisinage européen ou en Afrique sahélienne. Cette deuxième partie du colloque sera d’ailleurs l’occasion de faire intervenir autour d’une table ronde de grands acteurs des dernières opérations. Enfin, une réflexion sera menée sur les perspectives d’évolution de la coopération européenne en matière de sécurité, dans une période d’évolution du cadre stratégique européen (depuis le Conseil européen de décembre 2013 et avant le Sommet de l’OTAN de septembre 2014) et de mutation des organisations concernées. »

Programme du colloque

Infos pratiques:

NB : même s’il n’y a pas d’inscription obligatoire, il est utile de se signaler

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Conférence IHEDN – EMIAZDS Ouest sur les questions éthiques au sein de l’armée française face aux nouvelles technologies

  Compte-rendu personnel et non exhaustif de la conférence du 17 avril 2014, organisée dans le cadre des Jeudis de la Défense par l’ IHEDN & l’EMIAZDS Ouest à l’ESPE de Rennes sur le thème : « Donner la mort à distance, à nouveaux progrès technologiques, nouveaux devoirs de l’homme »

 Cette conférence s’est déroulée en présence de l’Officier général de la zone de défense et de sécurité Ouest, le Général de division Vincent Lafontaine, de Me Michel Poignard, Président de l’Association régionale IHEDN de Haute-Bretagne  (AR6) et les élèves d’une classe d’un EPIDE

Sont intervenus lors de cette conférence :

_Monseigneur Luc Ravel, né en 1967, polytechnicien issu d’une famille de militaire, évêque aux armées depuis 2009.

_Monsieur l’Ingénieur général de l’armement Olivier Lesbre, polytechnicien, Directeur de la DGA -Maitrise de l’Information à Bruz (35)

_Colonel Francis Frank, spécialiste « drones » au CICDE

Conférence

 Introduction du Général Lafontaine, OGZDS Ouest : Le soldat porte les armes pour son pays, il donne la mort au nom de la Nation et accepte en échange de la recevoir. Depuis toujours, l’homme a cherché à éloigner ce risque en allongeant la distance. Aujourd’hui, il est possible de donner la mort sans risquer de la recevoir. Cela correspond en jargon militaire au « tir à distance de sécurité » ou « stand off ». Cette notion trouve son aboutissement avec les drones (l’US Air Force ayant notamment formé l’année dernière, plus de pilotes de drones que de pilotes d’avions)

 Colonel De La Chapelle (modérateur) : Exigeant métier qu’est celui de la guerre, où les militaires côtoient la mort en OPEX avec des armements toujours plus puissants, innovants. S‘y ajoute désormais la possibilité de programmer la mort à des milliers de kilomètres. Cette facilité de donner la mort à longue distance peut presque être considérée comme vulgaire.

 Mais alors que les militaires cherchent avant tout la victoire, peut-on l’obtenir à n’importe quel prix, sans règles, sans éthique ? Doit-on réduire l’action des militaires à cette réflexion du Général Patton :

« L’objet de la guerre n’est pas de mourir pour son pays mais faire en sorte que celui d’en face meurt pour le tien »

 Il n’a pas fallu attendre le XXIème pour que l’on se préoccupe de cette distribution de mort à distance

Ainsi en 1139, lors du Concile de LATRAN, les autorités catholiques posent un des premières règles éthiques dans la guerre : l’interdiction de l’arbalète contre les chrétiens. Quelques siècles plus tard, le Maréchal Blaize de Montluc s’opposait violemment contre les armes à feu et de l’arquebuse : « l’arme à feu est celle du poltron, du lâche »

 Quelle différence aujourd’hui? Appuyer sur un bouton devant une console d’ordinateur s’apparente-t-il encore à un acte de guerre ou un assassinat? Quelles limites devrait-on imposer pour conserver à l’engagement opérationnel un caractère normalement acceptable? Le développement de certains programmes d’armement intègre-t-il la notion d’éthique?

  IGA Olivier Lesbre : Les armements à grande potée existent depuis longtemps. A ce titre, on peut rappelé l’existence du Pariser Kanone allemand en 1918 qui menaçait la Capitale avec une portée de 130 km. Il y a aujourd’hui, les drones, les missiles balistiques nucléaires….

La notion de mort à distance n’est pas nouvelle mais aujourd’hui il y a la possibilité d’agir depuis de très grandes distances mais surtout de recueillir les informations permettant de donner cette mort.

Il y a là, la question des décisions : l’homme prend encore la décision, mais demain ? Des robots ?…

 Colonel De La Chapelle : Où en est la doctrine sur les drones, colonel Franck ?

Colonel Francis Frank : Elle en est au début, liée notamment aux récents déploiements des Harfang.

La doctrine est un référentiel partagé et utilisé par l’ensemble des armées pour conduire une opération. Les récentes OPEX vont permettre de bâtir cette doctrine sur les drones. Mais elle se trouve au même niveau par rapport aux autres puissances militaires malgré le fait que les USA ont davantage de RETEX.

Il faut souligne que la rupture opérationnelle pour l’opérateur est que, pour la première fois, le pilote est en dehors du vecteur.

Colonel De La Chapelle : Monseigneur, quelles réflexions avez-vous sur les développements technologiques qui bouleversent actuellement les méthodes de combat ?

Monseigneur Luc Ravel : Je vais créer la surprise. Les drones sont un non sujet au plan éthique. C’est une amélioration vu les deux bombardements nucléaires, les tapis de bombes sur Londres et les villes allemandes. Le but d’une arme est l’impunité sinon c’est insensé.

 Pourquoi tuer son adversaire à portée de bras devrait-il être davantage moral ? Alors que nous allons célébrer le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, pourquoi devrions-nous considérer le nettoyage des tranchées aux lance-flammes ou aux poignards comme plus éthique ?

En plus de la mise à distance spatiale, il faut se pencher sur la mise à distance temporelle. Peut-on tuer 20 ans après ? Quid des mines qui font encore des dégâts mortels alors qu’elles correspondent à des conflits passés notamment au Liban ou encore en Afrique ? Le problème n’est pas nouveau.

Il y a toujours eu un problème éthique lié aux armes non sur sa fabrication mais sur son utilisation. Doit-on utiliser une arme aussi technologique soit-elle en dehors des cas de légitime défense ?

Colonel De La Chapelle : L’éloignement de l’adversaire ne conduit-il pas à une déresponsabilisation du combattant-opérateur de drones ?

IGA Olivier Lesbre : Vu de loin, on peut de se dire qu’à 5000km de distance, on ne sait pas ce que l’on fait. Or, il s’agit justement du contraire. La technologie via les grands écrans permet de bénéficier d’informations, de moyens pour apprécier la situation contrairement aux pilotes pressés dans le temps et placé dans un environnement hostile. L’opérateur, de plus, peut aussi apercevoir les conséquences.

 Colonel Francis Frank : Je n’apprécie pas le terme « déresponsabilisation ». Les opérateurs sont responsables, ils sont soumis à des ROE. De plus, il y a un grand nombre de décideurs dans la chaine opérationnelle avec une précision dans le ciblage et dans le choix de l’armement

 Colonel De La Chapelle : Ces nouvelles technologies ne conduisent-elles pas à des évolutions dans la vision de l’ennemi chez les soldats.

Colonel De La Chapelle : Avec les drones, nous sommes au-delà de la « juste guerre » de Saint Augustin, n’est-on pas avec Machiavel ?

Colonel Francis Frank : Il faut replacer la question par rapport à la fin, en fonction de l’effet final recherché. En France, la chaîne de commandement permet de ne jamais être seul pour arriver à cette fin. On ne peut faire une généralité de la fin justifie les moyens.

Le COS réalise des missions particulières et permet un basculement rapide de la situation au profit des forces françaises et ainsi atteindre plus facilement les effets recherchés. Le COS a des responsabilités, des limites identiques aux autres militaires.

Colonel De La Chapelle : Sivis pacem para bellum?

Monseigneur Luc Ravel : Toutes ces armes sont-elles liées à des hommes responsables ? En 1914, les allemands considéraient qu’ils entraient dans une guerre défensive, encerclés entre la Russie et la France.

Colonel De La Chapelle : Alors que les IED sont le rapport du faible au fort dans les conflits asymétriques, les drones ne seraient-ils pas la réponse inverse ?

IGA Olivier Lesbre : Tout à fait mais les technologies se diffusent. Il n’est pas exclu qu’un jour, des terroristes acquièrent des drones.

Colonel De La Chapelle : Les opérateurs de drone développent-t-ils des états de stress post-traumatique ?

IGA Olivier Lesbre : Oui et c’est parce que les opérateurs sont « responsabilisés » qu’ils développent des ESPT ( 4% des opérateurs dans l’USAF – 12% parmi les fantassins)

Colonel De La Chapelle : Existe-t-il une éthique du combattant ?

Colonel Francis Frank : Non, il y a autant d’éthique que de combattant et le soldat n’a pas le temps de tergiverser lorsqu’il est au combat. Mais le processus de formation doit aussi intégrer cette réflexion.

Colonel De La Chapelle : Alors existe-il une éthique du croyant combattant ?

Monseigneur Luc Ravel : Oui. Pour un croyant judéo-chrétien (5èime commandement : « tu ne tueras point »), il s’agit d’une valeur anthropologique avant d’être une valeur morale. L’homme n’est pas fait pour tuer un autre homme. Tuer quelqu’un fait sortir le tueur de son humanité. L’homme est fait pour donner la vie.

Mais il existe des cas où moralement je dois tuer tel le cas de légitime défense mais le tueur n’en sera pas moins blesser. Le risque est la machine à tuer de sang-froid mis à distance de son humanité.

Il ne faut pas oublier qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un casque bleu pour être œuvrer pour la paix tout comme les diplomates et les ONG…

Comme l’avait déclaré Saint Jean-Paul II, les soldats passent par un chemin singulier mais restent des «  sentinelles de la paix ».

Pour aller plus loin:

_ Aspects juridiques et éthiques des frappes à distance sur cibles humaines stratégiques,  CICDE-IRIS, avril 2014

_ « Nourrir l’éthique » par le Colonel MICHEL YAKOVLEFF,  CESAT – Pensées Mili-Terre

_ Le Citoyen, le Soldat et le Politique, Actes du onzième colloque européen de Klingenthal du 14 au 18 novembre 2011 (Table ronde N° 2 : de la responsabilité du chef militaire)

_ « Ethique et forces morales », Actes abrégés des Journées internationales des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan de juin 2008

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Conférence IHEDN avec le Député François André sur la LPM 2014-2019

Notes personnelles et non exhaustives de la conférence du 9 décembre 2013, à l’Espace Ouest-France de Rennes, organisée par l’Association régionale IHDEN de Haute-Bretagne avec François André, Député de la 3ième circonscription d’Ille-et-Vilaine à propos de la Loi de programmation militaire 2014-2019.

Cette conférence s’est déroulée en présence de:
_L’Officier Général de la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, le général de division Vincent Lafontaine
_L’Officier Général de Gendarmerie pour la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, le Général de division Hervé Renaud
_Maître Michel Poignard, Président de l’Association régionale IHEDN de Haute-Bretagne
_La Préfète déléguée à la Zone de Défense et de Sécurité Ouest, Françoise Souliman.

François André, né en 1967, est le député de la 3ème circonscription d’Ille-et-Vilaine et membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale ainsi que vice-président du Conseil général 35.

Après une brève présentation des activités de l’Association de Haute-Bretagne qui accueillera notamment à l’automne prochain, la 197ème session régionale de l’IHEDN, Me Poignard a ouvert la conférence en rappelant les débats  qui pèsent sur  la Loi de programmation militaire 2014-2019. Dans un équilibre délicat, entre autonomie stratégique et autonomie budgétaire, quelle est la déclinaison retenue pour protéger, dissuader, intervenir et adapter notre appareil de défense à des exigences nouvelles ? Telle est la question posée à  François André.

En prélude, le député a rappelé, le soutien massif et sincère des français aux Forces armées, même s’il a constaté que ce lien armée-nation s’est distendu au fil du temps avec la fin de la conscription et le recul de la présence territoriale des armées avec la réforme de la carte militaire.

Il a ensuite mentionné que même si la France se place aujourd’hui dans un contexte général de paix durable, il existe toujours des menaces, certes moins perceptibles, auxquelles la LPM doit répondre.

I – La LPM, un numéro d’équilibriste

Comme l’a rappelé le député breton, l’importance à accorder au caractère vertueux de la loi a cristallisé les travaux préparatoires de la LPM. Les positions ont été divergentes selon les points de vue et les intérêts.

Ainsi, Bercy, avec le « mythique » scénario Z, proposait un format des armées qui se résumait, selon les mots de la présidente de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Patricia Adam, à une contraction des armées pour ne conserver que la Gendarmerie nationale dans sa composante militaire, les forces spéciales et les éléments de la dissuasion nucléaire. Pour les acteurs de la base industrielle et technologique de la Défense (BITDE), il s’agit d’éviter les pertes de compétences des bureaux de R&D, même si les carnets de commande sont, pour le moment, en hausse. De son côté, l’Etat-major des armées souhaite une révision des contrats opérationnels. Quant aux militaires, il faut prioritairement régler le problème Louvois, fluidifier le soutien et améliorer les conditions de vie. Reste alors pour les politiques à arbitrer et fixer les priorités entre les différents intérêts au vu du contexte stratégique.

II – Une LPM dans un contexte international instable

Ces dernières décennies ont été le théâtre d’un réarmement massif à l’exception du continent européen avec une résurgence des tensions entre les puissances ( Ex : Chine- japon, Pakistan-Inde, Russie-Ukraine….) et une course à la sécurisation des approvisionnements énergétiques.

Il faut ajouter à ces éléments déstabilisateurs, la menace de la prolifération des armes nucléaires et chimiques (Ex: Syrie et Iran) et la résurgence du terrorisme dans le Sud – Sahel (trafics, groupes rebelles, prises d’otages….) qui contribue à affaiblir des Etats souverains en situation de quasi-faillite.

III – La LPM, une réponse adéquate

Avec la Loi de programmation militaire 2014-2019, l’effort de la défense est maintenu en terme d’économies. Le budget de la Défense reste, néanmoins le troisième budget de l’Etat, la LPM prévoyant un budget quinquennal à hauteur de 190 milliards d’euros sur la période 2014-2019 avec un budget de 31.4 milliards pour les exercices 2014, 2015 et 2016.

L’Hôtel de Brienne pourra aussi compter sur 6,1 milliards d’euros de ressources exceptionnelles. François André reconnaît que, pour les anciennes REX, les estimations avaient été sous-évaluées.

Enfin, le député a décliné les grands apports de la LPM :

  • Une clause de sauvegarde. Pour les crédits relatifs aux surcoûts liés aux opérations extérieures (Programme 178 – Action N°6 de la mission Défense), en cas de dépassement des 450 millions d’euros budgétisés, il sera fait appel aux fonds interministériels.
  • Une clause de revoyure, fin 2015.
  • Une réévaluation des objectifs de la préparation opérationnelle (budget en hausse de 4%): jours d’entraînement (Armée de Terre) de 83 à 90; heures de vol/an (Armée de l’air): de 260 à 400; jours d’entraînement des pilotes d’hélicoptères de l’ALAT: de 172 à 180.
  • Un renforcement des forces spéciales avec 1000 hommes supplémentaires
  • Une réduction des lacunes capacitaires avec l’acquisition de 12 drones américains, d’A400M, et d’avions ravitailleurs et le développement des capacités en terme de cyber-défense et de renseignement
  • Le maintien de la BITDE (730 millions€ /an pour les études en amont) pour les matières relatives à la composante nucléaire, aux missiles air-sol, aux drônes et pour la poursuite des programmes Scorpion, Barracuda, FREMM et NH90
  • Aucun changement pour la mission Défense pour les missions sur le territoire national et pour la dissuasion nucléaire.
  • Une économie de 4,4 milliards d’euros réalisée sur les frais de personnel (35000 postes supprimés dont 9 000 du monde combattant et 14 500 provenant du soutien et de l’Administration) et un repyramidage des effectifs afin de revenir au taux d’encadrement de 2010 avec une meilleure gestion de la masse salariale avec le glissement vieillesse-technicité.

Enfin, lors des échanges avec l’assistance, le député a rappelé la tenue du sommet européen sur la Défense, fin décembre, et a confirmé que « ce n’est pas les militaires qui freinaient l’Europe de la Défense et que le problème était bel et bien politique ».

 

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Mouvements de crédits budgétaires au Ministère de la Défense

Aujourd’hui, vendredi 22 novembre, a été publiée au JO, une série de décrets portant transfert de crédits conformément à l’article 12 – II de la Loi organique aux lois de finances ( LOLF) de 2001 qui fixe les règles du buget de l’Etat. Trois de ses décrets (sur les cinq) signés par le Ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, concernent le périmètre du Ministère de la Défense.

En effet,  des transferts peuvent modifier la répartition initiale des crédits entre programmes de ministères distincts, dans la mesure où l’emploi des crédits ainsi transférés, pour un objet déterminé, correspond à des actions du programme d’origine.

 

Ainsi, 83 058€ d’autorisations et de crédits de paiement, initialement affectés au programme 178 « Préparation et emploi des forces » sont transférés au profit du programme 175  » Patrimoines »  du Ministère de la Culture. (1)

Ce mouvement est destiné au financement de la participation du ministère de la défense au groupement de commandes pour la location et les achats de matériels destinés aux cérémonies publiques de la fête nationale du 14 Juillet coordonné par le ministère de la culture et de la communication.

 

Le deuxième décret transfert d’un crédit de 800 000 € en autorisations d’engagement et crédits de paiement en provenance de cinq programmes à destination du programme 167 « Liens entre la nation et son armée » de la mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation ». (2)
Ce mouvement est destiné à financer la participation de la France à l’appel à contribution internationale formé par la Fondation Auschwitz-Birkenau. Celle-ci a institué un fonds perpétuel pour le financement des dépenses destinées à la préservation du site. La participation de la France a été arrêtée à 5 000 000 €, par le biais de cinq versements annuels de 1 000 000 €. Le financement se répartit à parts égales (200 000 €) entre les ministères de l’intérieur, de la défense, des affaires étrangères, de l’éducation nationale et de la culture et de la communication

 

Le dernier décret  de transfert est justifié par la nécessité de corriger plusieurs erreurs d’imputation réalisées dans le cadre d’amendements votés au cours de la discussion parlementaire de la loi de finances pour 2013 ( 6 000€  à destination du programme 169 « Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant » de la mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation ») (3)

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Conférence dans le cadre des Jeudis de la Défense avec le Général de corps d’armée Olivier de Bavinchove sur l’Afghanistan

Notes personnelles et non exhaustives de la conférence du 10 octobre 2013, à l’IUFM de Rennes sur  « La crise afghane dans son environnement géostratégique : quels enseignements pour nos futurs engagements ? »

Olivier de Bavinchove

  Olivier de Bavinchove, ancien chef d’état-major, numéro 3, de l’International Security Assistance Force (ISAF) et commandant des forces françaises en Afghanistan. Il a commandé jusqu’à 150 000 hommes sous le Général Allen.

 Sous son commandement, plus de 546 soldats ont perdu la vie, sans parler de ceux ayant développé des états de stress post-traumatique.

  Il a révélé la fréquence des opérations des forces  spéciales françaises à raison de plus de 700 par semaines …

  L’Afghanistan est un pays de haute altitude, Kaboul, la capitale, se situe à 1800m d’altitude ( à l’instar de Chamonix). Les espaces sont modelés et cloisonnés par les vallées. A défaut de pouvoir franchir aisément les cols, la traversé du pays  d’est en ouest nécessite 30 jours pour les Afghans, 1h30 seulement pour les forces de l’ISAF en avion. Leur rapport au temps n’était pas le même. Le pays reste encore le premier producteur d’opium à hauteur de 95%.

Au Sud, dans le Helmand, du côté de Kandahar, la région est caractérisée par un paysage désertique.

 Appliquer la grille de lecture occidentale au modèle tribal afghan serait réducteur. La représentation pyramidale des démocraties occidentales n’est pas adapté à la société afghane.

 L’Afghanistan , a été en guerre  depuis la fin des années 1970 avec l’invasion soviétique.

Le conflit afghan a duré plus longtemps que la guerre du Vietnam.

Au cours de l’insurrection, 2 adversaires se sont révélés:

_Al-Qaeda ( le 11/09, Ben Laden….). Ils ont été soutenus et admis par les Talibans. Leur présence en Afghanistan est la raison principale de l’engagement de la communauté internationale.

  Fin 2011, les forces armées ont fait face à une remontée en puissance de plusieurs centaines de terroristes dans les zones tribales de la frontière afghanisto-pakistanaise., imposant un climat de terreur. Face à cette « menace à traiter », des moyens considérables ont été déployés. Et à l’été 2012, il a été possible de considérer la menace Al-Quaeda comme neutralisé en Afghanistan.

 Reviendront-ils ? Oui, si aucune mesure de sécurité n’est prise. L’engagement est un succès mais l’hydre à plusieurs tête.  C’est pourquoi les armées doivent avoir la capacité de  prévenir et de porter des coups.

  De plus, l’actualité géostratégique a servi, en plus de la pression militaire (« surge » ou » contre-insurrection ») à neutraliser cette menace. En effet, de nombreux combattants ont migrer vers des zones conflictuelles du pourtour méditerranéen. ( Lybie- Syrie)

_ Les Talibans ( à différencier d’AL-Quaeda)

  Il existe deux types de combattants talibans: les combattants locaux, peu organisés, mal équipés qui combattent à proximité de leur habitation ( 5-10 km). Ils combattent une présence étrangère ou souveraine qui menace leurs intérêts ( trafic de drogues, armes, luttes tribales…). « L’ordre dérange le désordre ». Cette menace n’a pas été véritablement combattu car c’est à l’Etat afghan de traiter cette résistance. Le deuxième type de combattant taliban est plus radicale, plus redoutable et plus insidieuse par l’Etat. Ils sont mieux entrainés et plus preuve de davantage de cohésion avec des modes d’action sophistiqués. Ils se réfugiaient dans la zone transfrontalière avec le Pakistan.

Cette menace a été traitée en profondeur.

 Il n’y a aucune raison que les Talibans reviennent fragiliser le pays car dorénavant il dispose de forces de sécurité de plus de 400 000 hommes recrutés, équipés et entrainés. Ils sont, en partie, financer par les USA à hauteur de 12 milliards par an rien que pour la sécurité. ( 352 000 de l’ANA et de la Police; 30 000 de la police locale chargée de sécuriser les villages et 22 000 de milices para militaires.).

Des OMLT françaises sont toujours présentes en Afghanistan.

 La deuxième raison tient à son développement certes limités mais en augmentation tout de même avec comme facteur important l’éducation des jeunes générations. Avant l’intervention, 50 000 garçons étaient scolarisés dans des écoles. Aujourd’hui, on compte 9 millions d’élèves dont 3.7millions de filles. On assiste à une révolution dans l’accès aux connaissances.

 Concernant la communication: 20 millions de mobiles dont 20% d’entre eux appartiennent à des femmes. En 20 ans, il y a eu une importante évolution dans la mentalité masculine.  La 3G est arrivée à l’été 2012 dans les plus grandes villes.

Conférence O. de Bavinchove

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Table-ronde IRSEM: « après le Livre blanc, le Mali et la RCA, quelle présence militaire française en Afrique? »

Notes personnelles et non exhaustives de la table-ronde organisée par l’IRSEM, le 27 mai 2013 à l’Espace Ouest-France à Rennes. En partenariat et sous l’animation de Philippe Chappleau ( Lignes de Défense), trois interventants ont nouris le débat:

- un officier supérieur français: le général de division de Langlois. Le général de division (2S) Maurice de Langlois est directeur du domaine « Sécurité européenne et transatlantique » de l’IRSEM,

- une chercheuse de l’Irsem: Sonia Le Gouriellec. Spécialiste de l’Afrique de l’Est, elle anime le blog Good Morning Afrika.

- et un chercheur béninois: Oswald Padonou. Oswald Padonou est co-auteur du livre Le Bénin et les Opérations de Paix: pour une capitalisation des expériences, L’Harmattan, Paris, 2011. Il est également l’auteur de « La Force Africaine en Attente (FAA) à l’épreuve des crises et conflits : les défis d’un outil à renforcer ». Tabe-ronde IRSEM Ouverture par Philippe Chapeleau

  • Mention de l’Afrique dans le LBDSN 2013 (page 82). Il offre une adaptation ambitieuse du dispositif.
  • Nouvelle donne avec le Mali et la RCA.

Le dispositif française en Afrique (Général de Langlois)

  • La vision du dispositif a évolué avec le LBDSN 2008-2013 et la LPM 2014-2019 en voulant réduire l’importance du dispositif tout en conservant ses atouts.
  • En effet, l’Afrique est l’avenir de l’Europe malgré le faible nombre de mention dans le LBDSN 2013. Quelques chiffres: en 2050 + 1 milliards d’habitants, 4 milliards d’investissement depuis l’Europe, 17% des exportations, un réseau diplomatique important.
  • L’opération Serval:  lancement de l’opération le 11/01 à 18h30. Au 4 février, 4000 hommes étaient déployés depuis le Tchad, le Sénégal et la Cote d’Ivoire.  200h proviennent du dispositif Epervier. 120h proviennent du dispositif Guépard en France. Le 14 janvier, les forces françaises en Cote d’Ivoire apportent 200h. Le 21 janvier, le BPC Dixmude quittant l Toulon avec un GIA de 1000h allant de Dakar à Bamako par voie terrestre.
  • 5/02/2013:  4000h au Mali.
  • Les raisons de la réussite d’un déploiement aussi rapide: les forces étaient pré-positionnées en Afrique, les hommes sont déjà acclimatés. Certaines proviennent d’Afghanistan, ils sont donc aguerris. Les voies terrestres ont été privilégiées afin de ne pas engorger l’aéroport de Bamako
  • Les OPEX représentent 5400h dont 3000 en Afrique. Suite au LBDSN de 2008, il y a des forces pré positionnées au Gabon, à Dakar, à Libreville et aux EAU.
  • Rôle de la PMFA.  1-coopération notamment dans le renseignement dans la lignée du LBDSN 2008 avec la priorité connaissances &anticipation. 2- protection des ressortissants. 3-appui  des forces françaises.
  • Les priorités de cette PMFA: protection des intérêts, formation, coopération européenne.
  • Les réductions du LBDSN: -28%
  • Les apports du LBDSN 2013: assez imprécis, rappel des accords de Défense (16), accords de coopération (8), du réseau diplomatique (29 attachés, 22 non permanents), l’importance de la formation (500000h/an)

Quelles sont les puissances régulatrices de sécurité en Afrique? (Sonia Le Gouriellec)

  • Puissance régulatrice: puissance imposant les règles et jouant l’arbitrage.
  • La France ? L’UA? L’UE?
  • Les anciennes puissances coloniales. Le Portugal, l’Italie, l’Allemagne sont absents du théâtre africain. Le Royaume-Uni reste présent en Afrique du Sud, au Kenya, en Sierra Leone avec des formations, de la coopération mais la tendance est a la réduction.
  • Les USA ont ouvert une base militaire à Djibouti. Ils ont créé l’AFRICOM en 2008 qui est basé à Stuttgart. Les actions se concentrent dans la Corne de l’Afrique avec des drones, l’usage des forces spéciales dans le cadre de la Global war on terror. Dans les autres régions africaines, ils réalisent des opérations de formation. Elle n’est pas encore vraiment une puissance régulatrice. Critique de la politique d’Obama.
  • L’UE a surtout un rôle de contributeur. Il existe malheureusement une inflation stratégique pour l’Afrique (PESC, SA, les ambassades européennes…)
  • Au sein des 27, 2 doctrines s’affrontent: celle de la stabilité et celle de la sécurité humaine avec une instabilité transitoire pour réaliser une transition démocratique pour lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité.
  •  Les membres se divisent 4 groupes autour de ces théories:  les anciennes puissances coloniales favorable à la sécurité humaine; les Etats nordiques favorables au développement t à la sécurité humaine; l’Allemagne jouant le rôle d’arbitre-contributeur et les nouveaux Etats membres n’ayant que peu d’intérêt pour la question.
  • L’UE s’oriente vers une désengagement constructif laissant une  liberté d’actions aux Etats tout en conservant ses missions de formations.
  • Les nouveaux acteurs. La Chine mise sur sa politique de non ingérence avec la formation (ex: la police d’Afrique du Sud), des financements, des exportations d’armement, l’hypothèse de l’utilisation de groupes de sécurité privées. Il existe 9 OMP auxquelles la Chine participe, 6 d’entre elles sont en Afrique. 1823 casques bleux chinois, 82% sont sur le continent africain (1400).

La forme de la PMF en Afrique de l’Ouest (Oswald Padonou)

  • Des exemples: un Ecole de maintien de la Paix à Bamako, un réseau d’attachés de défense, coopération militaire dans les forces armées africaines. Ex: 10h au Togo. Pendant longtemps, il y avait des transferts d’équipements.
  • Les intérêts: maintien de son influence, sécurisation de la matière première et l’accès aux marchés africains, déploiement rapide en Afrique.
  • Les évolutions attendues avec le Mali et le LBDSN2013: la menace reste toujours présente, AREVA serait protégée le COS, renforcement de la coopération.
  • L’Image de la PMFA. L’intervention en Cote d’Ivoire et la Libye avait atteint le K popularité de l’armée françaises, mais l’intervention au Mali l’a fait grimpé.
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Journée d’études de l’AEDP de Rennes 1 : « Les juges du contrat administratif » – Mardi 2 avril

Journée d'études de l'AEDP de Rennes 1 - Mardi 2 avril 2013Les juges du contrat admisnistratif 2

Intervenants:

Madame Rozen NOGUELLOU, Professeur de droit public à l’Université Paris Est-Créteil

Monsieur Thomas PEZ, Professeur de droit public à l’Université Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines

Madame Elise LANGELIER, Maître de conférences de droit public à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Monsieur Gweltaz EVEILLARD, Professeur de droit public à l’Université de Rennes 1

Monsieur Olivier DESAULNAY, Professeur de droit public à l’Université de Rennes 1

Monsieur Laurent MARECHAL, Premier conseiller en charge des fonctions du juge des référés au tribunal administratif de Rennes

Dès 10h, suivez la journée d’études sur Twitter

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